A Londres, la venue de Donald Trump ne plaît pas à tous

14 Juillet, 2018, 01:07 | Auteur: Armand Coulomb
  • Un accueil mi-chaud mi-froid pour Trump au Royaume-Uni

Theresa May s'est efforcée jeudi de préparer le terrain à la conclusion d'un accord commercial avec les Etats-Unis après la rupture avec l'Union européenne, à l'occasion de la première visite de Donald Trump en Grande-Bretagne.

Un peu plus tard, pourtant, il a souligné avoir fait des "suggestions" à Mme May sur la façon d'aborder cet épineux dossier, laissant entendre qu'elles n'avaient pas été suivies.

"Lorsque le Royaume-Uni quittera l'Union européenne, nous chercherons à établir un accord de libre-échange Royaume-Uni/Etats-Unis ambitieux", a renchéri Mme May.

Affichant sa volonté de parvenir à un "formidable" accord d'échange bilatéral avec Londres, M. Trump s'est voulu optimiste: "nous voulons faire des échanges avec le Royaume-Uni, ils veulent en faire avec nous".

Donald Trump est arrivé jeudi au Royaume-Uni, accueilli par les huées de manifestants opposés à sa venue, et a déjà mis les pieds dans le plat en critiquant Theresa May au sujet du Brexit. "J'ai dit à Theresa May comment faire, mais elle ne m'a pas écouté".

Il en a profité, comme à son habitude, mais avec une virulence particulière, pour multiplier les attaques contre la presse. "Je ne prends pas de questions de CNN!", a-t-il ainsi asséné.

CAMBERLEY, Royaume-Uni - Semant le chaos tout au long de son séjour en Europe, Donald Trump a fait une entrée fracassante au Royaume-Uni, vendredi, avec une entrevue dans laquelle il rudoie la première ministre britannique et fait valoir que l'Europe "perd sa culture" en raison de l'immigration.

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Les enfants sont en bonne santé mentale et physique, malgré 18 jours d'angoisse passés dans le noir et l'humidité de la grotte.

"Où sont vos bonnes manières, Monsieur le président?", a tweeté le ministre de l'Éducation, Sam Gyimah, résumant la stupéfaction générale.

La nouvelle sortie de Donald Trump constitue une claque d'autant plus cinglante pour Theresa May que, jeudi soir, elle a vanté la force du lien transatlantique, y voyant une opportunité "sans précédent".

Dans l'interview, le président américain avait également jugé que Boris Johnson, ex-ministre des Affaires étrangères britannique qui a démissionné lundi et partisan d'un Brexit dur, ferait, selon lui, un "grand Premier ministre".

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues dans la journée à Trafalgar Square pour dénoncer sa politique migratoire, son sexisme et son déni du changement climatique.

Ils ont hué à pleins poumons quand un hélicoptère a emmené le président américain vers Blenheim, imposante résidence de campagne près d'Oxford, où il participe à un dîner avec Mme May et des représentants du monde économique.

"Nous avons été beaucoup plus fermes sur la Russie que quiconque", a-t-il dit vendredi, alors que l'ombre de l'enquête sur l'interférence russe dans la campagne de 2016 pèse sur sa présidence.

"Mais avoir une relation spéciale signifie que nous attendons l'un de l'autre les valeurs les plus élevées, et cela implique aussi de dire quand les valeurs qui nous sont chères sont menacées", a ajouté l'élu travailliste, qui a eu des échanges envenimés avec M. Trump depuis l'arrivée au pouvoir de ce dernier.

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