L'Ukraine au coeur du procès de l'ex-directeur de campagne de Trump

04 Août, 2018, 02:17 | Auteur: Armand Coulomb
  • Comey le FBI l'enquête russe Trump ne décolère pas

Il dépensait des sommes exorbitantes pour mener un "train de vie extravagant", ponctué d'achat de montres de luxe et même d'une veste "faite en autruche" à 15 000 dollars. "Paul Manafort s'est placé, avec sa fortune, au-dessus des lois", a asséné le procureur adjoint Uzo Asonye, lors de la première journée du procès à Alexandria, près de Washington. Il doit répondre à dix-huit chefs d'accusation devant les juges.

La défense, elle, a décrit un professionnel "très occupé", déléguant la gestion des affaires quotidiennes à son associé, Richard Gates, un témoin clé à venir dans ce procès et qui aurait "profité de sa confiance".

L'équipe juridique présidentielle souhaiterait que l'entretien entre les deux hommes ne porte que sur des événements avant son arrivée au pouvoir en 2016.

Si les folles dépenses ne sont pas illégales, c'est la source de leur financement qui est en jeu lors de ce procès pour blanchiment d'argent, fraudes fiscale et bancaire: des millions de dollars tirés de ses activités de lobbyiste pour l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou, qu'il n'a pas déclaré au fisc.

Dans un autre tweet publié une demi-heure plus tard, il affirme que cette 'collusion russe avec l'équipe de campagne Trump, l'une des plus efficaces de l'histoire, est une supercherie intégrale ('total hoax')'. Il porte en effet sur des faits antérieurs au passage de Paul Manafort à la tête de l'équipe Trump, entre mai et août 2016.

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L'ancien gouverneur du Katanga a également été épinglé par la justice dans une affaire de spoliation immobilière. Ces propos sont ceux de Lambert Mende, porte-parole du gouvernement qui fait néanmoins une mise au point.

Les traits tirés et les tempes blanchies de cet ancien influent lobbyiste de Washington, incarcéré depuis juin, trahissent sa chute brutale en disgrâce. Son procès va démarrer avec la sélection des douze jurés et de leurs suppléants et devrait durer trois semaines. L'audience a été ajournée jusqu'à mercredi à 13H30 GMT.

En juin 2016, Manafort a participé à une rencontre avec des ressortissants russes qui proposaient des informations embarrassantes pour la candidate démocrate Hillary Clinton, l'un des principaux éléments au coeur de l'enquête menée depuis quatorze mois par le procureur Mueller et que Donald Trump et ses proches présentent comme une véritable "chasse aux sorcières".

Mardi matin, le président américain a de nouveau affirmé sur Twitter qu'il n'y avait pas eu de collusion et que de toute façon ce n'était pas un délit. Puis d'ajouter, en soulignant la courte durée de son passage à la tête de la campagne: "C'est juste. quatre mois, ils ne vont pas se mettre à comploter sur les Russes". "Trump ne passerait pas une seconde en prison pour toi", disait l'un des panneaux brandis. Peu avant l'élection, le New York Times déclarait dans un article intitulé "L'enquête du FBI sur Donald Trump ne révèle aucun lien concret avec la Russie" que l'agence fédérale n'avait trouvé "aucun lien direct ou avéré entre M. Trump et le gouvernement russe".

Les procureurs devraient appeler à la barre plus de trente témoins, dont Richard Gates qui coopère avec Robert Mueller depuis qu'il a accepté de plaider coupable en février. "Paul n'a pas fait confiance à la bonne personne", a déclaré l'un des avocats de M. Manafort, Thomas Zehnle.

Parmi la trentaine d'individus déjà visés par le procureur spécial, dont une majorité de Russes, Paul Manafort est le seul Américain à avoir refusé de passer un accord avec la justice pour éviter un procès. Il estime peut-être que ce procès lui permet de préserver "ses chances d'obtenir une grâce" présidentielle.

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