Donald Trump menace les pays "qui font des affaires" avec l'Iran

07 Août, 2018, 16:42 | Auteur: Armand Coulomb
  • Capture d'écran d'une vidéo diffusée par l'agence de presse iranienne Nasim montre un religieux s'adressant à des manifestants dans la ville de Machhad dans le nord-est de l'Iran le 3 août 2018

"Quiconque faisant des affaires avec l'Iran ne fera PAS d'affaires avec les États-Unis".

En mai, les États-Unis se sont unilatéralement retirés de l'accord sur le nucléaire iranien, soutenant que l'accord n'était pas suffisamment sévère.

La première vague de sanctions américaines, qui a pris effet mardi à 6h01 (heure de Paris), comprend des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l'aviation commerciale. Ces sanctions risquent de lourdement peser sur une économie iranienne à la peine, qui souffre d'un taux de chômage élevé et d'une nette inflation. "Ils imposent des sanctions aux enfants iraniens, aux malades et à la nation", a déclaré M. Rohani lors d'un entretien télévisé, accusant également le président Trump de vouloir mener une " guerre psychologique " contre l'Iran et de créer des divisions au sein de la population.

Conclu après des années de difficiles négociations entre l'Iran d'une part, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, l'Allemagne et l'Union européenne de l'autre, l'accord de 2015 visait à garantir un caractère strictement pacifique du programme nucléaire iranien, contre la levée progressive des sanctions qui avaient asphyxié l'économie iranienne et isolé le pays.

"Aujourd'hui, Trump, (le prince héritier saoudien Mohamed) ben Salman et (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu sont devenus dans le monde entier les symboles du soupçon", a-t-il dit.

L'Arabie saoudite expulse l'ambassadeur du Canada
A l'origine du grief, un communiqué publié par l'ambassade canadienne vendredi soir. Certaines ont été relâchées depuis.

"Le régime iranien est confronté à un choix", a averti Donald Trump dans un communiqué: "Soit il change son attitude menaçante et déstabilisatrice, et il pourra retourner dans le giron de l'économie mondiale, soit il continue sur la route de l'isolement économique". Mais Donald Trump a aussi souligné qu'il restait "ouvert" à un "accord plus global qui concernerait l'ensemble de ses activités néfastes, y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme". Il a précisé que son pays "avait toujours fait bon accueil à des négociations", mais que les États-Unis devaient d'abord prouver leur bonne foi.

Ces derniers jours, plusieurs villes ont été le théâtre de manifestations sporadiques et de grèves, fruits de l'inquiétude grandissante et d'un sentiment de colère envers le système politique.

Lundi, le Président Trump a signé un décret réinstaurant un certain nombre de sanctions à l'encontre de l'Iran, en affirmant chercher à imposer une "pression économique maximale" sur la République islamique.

Dans ce climat de tension, le porte-parole de l'autorité judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni Ejeie, a annoncé dimanche, à la radio-télévision d'Etat IRIB, l'arrestation du vice-gouverneur et chef du département des changes de la Banque centrale d'Iran, Ahmad Araghchi, avec d'autres responsables ainsi que quatre cambistes accusés de spéculation.

L'Union européenne a, elle, regretté le rétablissement des sanctions et confirmé sa "détermination à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l'Iran".

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