Les victimes ont dit la vérité, le préfet Delpuech gêné — Benalla

07 Août, 2018, 20:54 | Auteur: Armand Coulomb
  • Les deux trentenaires frappés par Benalla n’ont pas caché leur identit

Le jeune couple qui avait été interpellé de façon musclée par Alexandre Benalla, le 1er mai dernier, sur la place de la Contrescarpe serait en fait vierge de tout antécédents judiciaires. C'est ce qu'ont indiqué deux services de police différents au procureur de la République de Paris, François Molins.

La jeune femme, une jeune graphiste française elle aussi molestée par l'ancien collaborateur de l'Élysée identifié mi-juillet par Le Monde sur des vidéos amateurs, a quant à elle présenté ses papiers à Philippe Mizerski, le commissaire en civil chargé d'encadrer Alexandre Benalla lors de son "observation" sur la place de la Contrescarpe le 1er mai. Il n'en reste pas moins que les deux jeunes gens auraient bel et bien lancé deux canettes de bière sur les forces de police. Seul le jeune couple fait finalement depuis juillet l'objet d'une enquête préliminaire. Ils sont en effet soupçonnés d'avoir jeté sur un CRS des bouteilles, ce qui a motivé notamment l'intervention d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase (selon leur version). Le couple a donc été libéré sans être poursuivi.

Quand le préfet Delpuech remercie Benalla. Le Monde en fait une nouvelle démonstration ce mardi 7 août, en révélant que les deux jeunes frappés par Alexandre Benalla n'avaient pas cherché à dissimuler leur identité au moment de leur interpellation, contrairement aux déclarations du préfet de police devant la Commission de l'Assemblée nationale.

Or une étrange carte de remerciements a été découverte lors de la perquisition chez M. Benalla. écrite de la main même du préfet de police de Paris, et signée "amicalement à vous".

PSG - Buffon dit "merci" à Kevin Trapp
Le PSG, son nouvel employeur, n'a également pas été oublié: "Le PSG a trouvé les arguments nécessaires pour me donner l'envie de continuer".

Or, en marge du scandale qui allait éclater ensuite, le procureur de la République de Paris avait adressé le 25 juillet une lettre au directeur de la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) pour comprendre pourquoi aucune procédure n'avait été lancée contre les deux manifestants. Mais ce soir-là, "la priorité [avait] été donnée aux individus suspectés d'avoir participé aux actions les plus violentes, porteurs d'armes, de vêtements noirs, foulards, accessoires de dissimulation, c'est-à-dire les potentiels membres des blacks blocs", précise-t-il.

Autre révélation du Monde, le couple n'avait pas d'antécédents judiciaires.

Mais François Molins ne se satisfait pas de cette réponse: dès réception, il réclame l'éclairage de la sûreté territoriale de Paris. qui ne dit pas autre chose: le 1er mai, il a été décidé de "prioriser" les gardes à vue de militants susceptibles d'appartenir à la "mouvance black bloc".

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