L’Arabie Saoudite veut se venger du Canada — Crise diplomatique

08 Août, 2018, 12:39 | Auteur: Armand Coulomb
  • Crise diplomatique entre le Canada et l'Arabie Saoudite

Riyad a annoncé l'expulsion de l'ambassadeur du Canada.

L'Arabie saoudite a annoncé l'expulsion de l'ambassadeur du Canada à Riyad et le rappel de son ambassadeur à Ottawa suite à une demande du ministère des affaires étrangères du Canada à la libération immédiate de militants des droits de l'homme emprisonnés dans le royaume. "Le Canada défendra toujours la protection des droits humains, et donc forcément les droits des femmes, et la liberté d'expression dans le monde", a-t-elle ajouté. "Notre gouvernement n'hésitera jamais à promouvoir ces valeurs et croit que ce dialogue est essentiel à la diplomatie internationale". Suite à ces propos, l'Arabie Saoudite a rappelé son ambassadeur au Canada " pour consultations", assurant qu'elle n'accepterait d'aucun pays une ingérence dans ses affaires intérieures ou " des diktats ". Le royaume a également suspendu toute nouvelles transaction commerciale et tout investissement avec le Canada.

Ces mesures ont été prises en représailles à un message du gouvernement canadien sur Twitter qui exprimait ses préoccupations concernant l'arrestation de militants des droits de la personne dans le royaume saoudien. Le lendemain, l'ambassade canadienne à Riyad tweetait: " Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des #droitsdel'homme".

De son côté, le collège Algonquin a indiqué qu'il travaillait avec le bureau culturel de l'Arabie saoudite [à Ottawa] pour répondre aux besoins actuels et futurs des étudiants, que ce soit en restant à Algonquin pour compléter leurs études ou en étant transféré dans une autre institution.

" Il est très regrettable que les mots 'libération immédiate' figurent dans le communiqué canadien", a déclaré le ministère".

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En 2017, les exportations canadiennes de marchandises à destination de ce pays du Moyen-Orient se sont élevées à 1,5 milliard de dollars canadiens, selon Statistique Canada. Le 2 août, la cheffe de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland, s'était déjà dite "très alarmée d'apprendre l'emprisonnement de Samar Badaoui". Elle a fait campagne pour la libération de son frère, Raef al-Badaoui, un blogueur contestataire, et de Walid Abou al-Khair, son ancien mari.

Raef el Badaoui est derrière les barreaux depuis 2012, il a été condamné à 10 ans de prison plus 1000 coups de fouets. L'épouse de ce dernier, Ensaf Haidar, est réfugiée au Québec avec leurs trois enfants. Mais les militants et militantes pour la démocratie et les droits des femmes n'ont pas vu leur situation s'améliorer.

Comme Mme Badaoui, Nassima al-Sadah est une opposante de longue date au système de tutelle de l'Arabie saoudite, qui met la femme sous l'autorité de l'homme quand il s'agit d'étudier, de voyager ou de se marier.

Le jeune prince héritier saoudien a récemment introduit une série de réformes, comme l'autorisation de conduire pour les femmes, visant à redorer l'image souvent austère du royaume au moment où ce dernier prépare sa reconversion après des décennies de " tout-pétrole ".

Parallèlement, le dirigeant de 32 ans mène une politique étrangère agressive, par exemple en appelant au blocage de son voisin du Qatar ou en participant aux bombardements contre les rebelles Houthis soutenus au Yémen par son ennemi et rival l'Iran. Tout en verrouillant toute forme d'opposition dans son propre royaume afin d'asseoir son pouvoir. Les quelques milliers d'autres étudiants saoudiens qui se trouvent dans ce pays pourraient aussi être affectés. Mais c'est pour les autorités saoudiennes une façon d'intimider les partenaires commerciaux occidentaux, dont certains auraient beaucoup plus à perdre que le Canada en cas de rupture. En cause: les critiques du Canada concernant la politique saoudienne en matière de droits de l'homme.

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