Argentine : la légalisation de l'avortement rejetée par les sénateurs

10 Août, 2018, 05:10 | Auteur: Armand Coulomb
  • Argentine des milliers de manifestants contre la légalisation de l'avortement

Le vote a été accueilli par des feux d'artifice et des cris de joie parmi les militants anti-IVG rassemblés près du parlement, dont le slogan était "Sauvons les deux vies", celle de la femme enceinte et celle du foetus. Malheureusement, pour les nombreuses militantes argentines qui étaient descendues dans la rue pour se faire entendre, le Sénat n'a pas suivi le mouvement des députés qui avaient pourtant approuvé, le 14 juin dernier, le texte de loi légalisant l'avortement en Argentine (129 pour et 125 contre).

Du côté des pro-IVG, une poignée de manifestants isolés ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les camps du "oui" et du "non" au projet de loi, lancé des pierres et des bouteilles sur les policiers anti-émeutes.

Toute la journée de mercredi, les foulards verts, symboles de la lutte pour le droit à l'avortement, ont été agités sur la place du Congrès, avec l'espoir, même infime que la loi soit adoptée.

La Conférence épiscopale argentine, qui rassemble les évêques catholiques du pays, a réagi dans un communiqué à la décision du Sénat: "Nous remercions les hommes et les femmes, au Sénat et au sein des institutions, qui se sont prononcés en faveur de la vie".

L’acteur Etienne Chicot (Starmania, Louis la Brocante...) est mort
C'est un acteur de cinéma, télévision et théâtre dont le visage semblait familier, tant il a multiplié les seconds rôles. En 1989, Étienne Chicot est récompensé par un Molière pour Une absence de Loleh Bellon.

Le Sénat est plus conservateur, car chacune des 24 provinces dispose de trois représentants quel que soit son poids démographique.

Les débats, entamés mercredi matin, ont duré toute la journée et se sont poursuivis dans la nuit. Buenos Aires et sa province, plus favorables à l'IVG, s'y retrouvent sous-représentées car elles abritent plus d'un tiers de la population du pays. D'après différentes estimations, environ 500.000 avortements clandestins sont réalisés chaque année dans le pays pour 720.000 naissances.

Depuis plusieurs mois, la société argentine était profondément divisée sur la question.

Le "non" l'ayant emporté, il faudra probablement attendre 2020 avant que la question de l'avortement puisse de nouveau être examinée par le Parlement. "C'est possible qu'on le propose".

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