Trump double les droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs

10 Août, 2018, 22:34 | Auteur: Basile Toussaint
  • LA LIVRE TURQUE À UN NOUVEAU PLUS BAS FACE AU DOLLAR

Le président turc fait référence à la grave crise diplomatique dans laquelle la Turquie est engagée avec les Etats-Unis au sujet d'un pasteur américain détenu par Ankara. Ces deux alliés au sein de l'Otan se sont imposés, la semaine dernière, des sanctions réciproques contre des responsables gouvernementaux.

En annonçant sur Twitter qu'il autorisait la hausse des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs, M. Trump a d'ailleurs mentionné la baisse de la livre turque face au dollar et déclaré: "Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment".

La devise turque a brièvement franchi dans la matinée et pour la première fois la barre de 6 livres pour un dollar, après avoir perdu quelque 12% de sa valeur.

Face à cette déroute, M. Erdogan, qui fait face à l'un de ses plus difficiles défis économiques depuis son arrivée au pouvoir en 2003, a appelé ses concitoyens à la "lutte nationale" en échangeant leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie.

Touchée de plein fouet par cette crise diplomatique et par les inquiétudes face à d'éventuelles répercussions sur des banques européennes, la livre turque a chuté vendredi à un plus bas historique, enregistrant une baisse de 19% face au dollar sur la journée. "C'est une lutte nationale", a exhorté M. Erdogan dans un discours à Bayburt (nord-est). La chute de la livre vendredi "montre que les investisseurs sont de plus en plus inquiets de l'imminence d'une crise monétaire totale", souligne dans une note David Cheetham, analyste chez XTB. Elles atteindront respectivement 20% et 50%, ce qui a provoqué une nouvelle chute de la monnaie turque, qui a atteint son plancher.

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Cela comprend les transactions financières par carte bancaire, ainsi que les soldes des comptes courants des clients . Facebook n'a pas précisé l'utilisation qu'il ferait des données demandées.

"S'ils ont des dollars, nous, nous avons notre peuple, nous avons le droit et nous avons Allah!", avait-il lancé dans un précédent discours, dans la nuit de jeudi à vendredi, des déclarations qui ont renforcé l'inquiétude des marchés.

Dans un article publié vendredi, le Financial Times rapporte que la Banque centrale européenne s'inquiète d'une éventuelle exposition de certaines banques européennes très présentes en Turquie à la crise monétaire que traverse ce pays.

Visiblement soucieux d'envoyer des signaux positifs aux marchés, le nouveau ministre des Finances Berat Albayrak, qui est également le gendre du président Erdogan, a insisté sur l'"importance" selon lui de l'"indépendance de la banque centrale" turque.

Depuis sa nomination à ce poste après la réélection de M. Erdogan en juin, M. Albayrak s'est efforcé sans succès d'apaiser les marchés qui voient d'un mauvais oeil la mainmise croissante sur les affaires économiques du président dont les positions peu orthodoxes inquiètent.

De nombreux économistes appellent à une hausse des taux d'intérêt de la banque centrale afin d'enrayer l'inflation, mais cet organe est soumis aux pressions du président Erdogan, un "ennemi" autoproclamé des taux d'intérêt.

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